Stephen King, le Maître, pas moins. Je pense que je rate des choses quand je le lis, je ne serais jamais contre quelques commentaires pour en discuter ;-)
Pour commencer, je suis passée pour une psychopathe dans le métro en le lisant, car je n'ai pas pu me retenir de pouffer de rire, à plusieurs reprises. Les regards surpris des autres passagers qui voyaient le nom de King, en lettres rouges, et connaissant sa réputation, valaient leur pesant de noix de cajou ! Il y a dans Rage des passages pleins d'humour, des remarques en passant qui font rire. Je ne me souviens pas en avoir rencontré dans La petite fille qui aimait Tom Gordon (que je compte relire "bientôt") et Carrie (idem) du même auteur. Cela dit, j'étais peut-être trop jeune à l'époque pour en profiter/l'appréhender.
Rage est l'histoire d'une prise d'otage d'une classe par l'un de ses élèves. Celui-ci joue avec les esprits de ses camarades, s'amuse à prévoir les réactions, les force à révéler certains secrets (mais d'autres "jouent le jeu" de leur plein gré), les juge un peu, les malmène parfois, se pose en arbitre et fixe les règles d'un règlement de compte entre deux filles, mais il "joue" également le jeu lui même en révélant une partie de sa vie privée, de ses secrets, qui seraient en partie responsables de cette prise d'otages, ce huis-clos. Il s'amuse particulièrement avec l'homme chargé de communiquer avec lui et de faire le lien entre lui, preneur d'otages, et la police. Il le soumet à rude preuve, et pourtant, il s'agit du psy de l'école. Et nous, lecteurs voyeurs, assistons à tout cela, fascinés...
King a pour matière première l'esprit humain, et fascine les lecteurs ainsi.
"Neuf heures cinq. L'écureuil cavale sur la pelouse. Dans la salle 16, Mme Underwood donne son cours d'algèbre... "Si l'on augmente le nombre de variables, les axiomes eux-mêmes restent valides..."
L'interphone crache alors une giclée de mots-requins. Charles Decker est convoqué chez le directeur...
Neuf heures vingt. Après un entretien destroy, Charly met le feu aux vestiaires. Dans les marais puants de son subconscient, son dinosaure personnel patauge avec rage. Charly ouvre la porte de sa classe, tire sur son prof, qui s'effondre. Exit. Tuée sur le coup. Charly se sent merveilleusement bien. Il est allé jusqu'au bout...
Neuf heures cinquante. Océan de silence dans la classe prise en otage. Charly se prépare pour le sprint final. Psychodrame et lavage de cerveau. Tout le monde va passer à la moulinette..."
Rage, S.King, 250p
"Laisser les loups vivre en liberté dans le Mercantour, c'était une belle idée, dans l'air du temps. Ce n'était pas celle des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde.
Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour du village de Saint-Victor ? Les superstitions resurgissent un bruit se propage : ce n'est pas une bête, c'est un loup-garou... Lorsqu'une éleveuse est retrouvée égorgée das sa bergerie, la rumeur tourne à la psychose. A Paris, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour : "Comme des tisons, mon gars, comme des tisons ça fait, les yeux du loup, la nuit." "
A quoi reconnait-on un loup-garou en plein jour ? Il n'a pas de poils, car il les porte "en dedans", et il retourne sa peau à l'envers la nuit, c'est pourquoi on l'appelle l'homme à l'envers.
J'ai relu ce livre il y a peu. A l'époque de ma première lecture, j'avais une "période Vargas", et je pense qu'il en faudra peu pour que jy retombe. Fred Vargas est l'un de mes auteurs préférés. A ma première lecture, je n'avais pas trouvé la solution, j'aurais pu la découvrir en même temps qu'Adamsberg si je n'avais pas eu cette "impatience de lecture", si je m'étais arrêtée pour réfléchir en même temps que lui. Cette fois à la deuxième lecture, je me suis amusée à voir les indices, dès le début du roman, c'est un plaisir que je découvre presque, car je n'ai pas l'habitude de relire, surtout les policiers. Cette fois, j'en avais envie et je ne le regrette pas, le plaisir est différent, mais tout aussi grand.
Avec des personnages qui parlent peu, et un langage assez fleuri, Vargas nous plonge dans une ambiance particulière, celle des montagnes, où le berger seul avec son troupeau durant de longues journées perd l'habitude de parler. On s'attache vite et facilement aux personnages, qui sont tous plus ou moins "originaux", décalés, en dehors de la pensée commune. Vargas a réussi à réunir sans qu'on s'en étonne outre mesure une éleveuse qui jure comme un charretier, un vieux berger emblématique, un jeune homme noir, prince d'Afrique, qui apprend le dictionnaire, Camille une compositeur de musique et plombier qui lit le "Catalogue de l'outillage professionnel" pour se détendre, un canadien expert en grizzlis venus étudier les loups du Mercantour, et le commissaire Adamsberg, si particulier, si difficile à résumer que je ne m'y risquerais pas.
Avec ses 317 pages et son style assez incisif, à l'économie de mots parfois, et parfois pas du tout, l'homme à l'envers se lit plaisamment et rapidement. Le style d'écriture est oral, il serait parfait, à la contée, au coin du feu, où on raconte des histoires effrayantes, le genre d'histoire dont on ne parle pas sans précaution. Comme celles des loups-garous, les hommes à l'envers...
L'homme à l'envers, Fred Vargas, 317p
Deuxième livre d'Ellory, différent du premier, mais presque aussi bon selon moi, sachant que je les ai pas lu dans le même état d'esprit. Je n'ai donc pas senti la même ambiance que dans "Seul le silence", mais cela tient sûrement au fait qu'il y a plus d'actions, même si elles sont racontées des années plus tard.
"La Nouvelle-Orléans, 2006. La fille du gouverneur de Louisiane est enlevée. Le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités mais demande à s'entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé.
A cette condition seulement, il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. Commence alors une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va, peu à peu, faire l'incroyable récit de sa vie de tueur à gages au service de la mafia.
Dans ce thriller exceptionnel, R. J. Ellory retrace cinquante ans d'histoire du crime aux Etats-Unis, mêlant avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction."
Pourquoi lui, Ray Hartmann ? Mystère. Pour lui dire quoi ? L'histoire de sa vie, il est tueur repenti apparemment. Pourquoi cela ? Mystère encore, mais il tient la fille du gouverneur et promet qu'elle va bien, que l'endroit où elle se trouve sera révélée quand il aura fini de se raconter, et que tout va bien se passer. On ne sait le fin mot de l'histoire qu'à la toute fin, et je n'avais pas deviné.
L'histoire est assez prenante, c'est pourquoi je n'ai pas lâché en cours de route, même si je ne comprenais pas POURQUOI ces exigences. Peut-être que la raison paraît évidente à d'autres, j'avoue avoir un goût modéré pour les intrigues très compliquées en même temps q'une fascination pour les cerveaux qui sont capables de les créer : Comme je le dis parfois, "je ne suis pas douée pour l'implicite". J'avoue aussi avoir une "impatience de lecture" : je lis assez vite, et suis d'autant plus vite arrivée à la solution quand je ne m'arrête pas pour réfléchir à toutes les possibilités. Cela je le fais quand je suis dans l'impossibilité de lire.
Je le conseille, avec les mêmes réserves que Seul le silence mais un peu moins fortes.
Il est moins difficile d'accès, mais ne plaira pas à tout le monde, mais si un ami me posait la question, je saurais lui répondre en sachant ses goûts.
Vendetta, R. J. Ellory, 762p
Oui, il y a des astuces pour les pépites de chocolat !
Il y a plusieurs écoles qui ont des résultats pas tout à fait identiques.
L'une consiste à mettre la plaque de chocolat dans un sachet à congélation, éventuellement placer celui-ci dans un torchon, et à taper dessus avec votre rouleau à pâtisserie. Je trouve que cette méthode fait beaucoup de "miettes" et de poudre, et qu'on ne peut pas choisir la taille des pépites aussi bien qu'avec l'autre méthode que je plébiscite. L'autre raison est que je n'ai pas de rouleau à pâtisserie, donc forcément, ça va moins bien.
En revanche, j'ai une planche à découper (pas obligatoire, mais on ne sait jamais, je tiens à ma table et à mon plan de travail) et un couteau pointu (type "couteau à légumes"). Je déconseille cette méthode aux maladroits...(oui, les gens comme moi, en fait) [Prenez les précautions d'usage, donc ! ]
Sinon, il suffit de faire comme sur la photo (sur laquelle je n'ai pas de planche à découper, roooh, pas bien), de "pointer" le chocolat à l'endroit où vous voulez le casser, puis d'appuyer. Je vous conseille de commencer par un coin, pour faire "un "pointage" = une pépite", ça va plus vite !
Pour l'une et l'autre méthode, vous pouvez penser à quelqu'un que vous détestez. Ça ira plus vite, et vous serez de meilleure humeur ensuite. (Testé et approuvé ? Oui.)
Vous pouvez aussi les acheter toutes faites, mais bon... Vous n'aurez pas autant de choix de chocolat, vous n'aurez pas autant de choix de taille de pépites, cela vous coûtera sûrement plus cher, vous n'aurez pas l'occasion de vous "défouler", et ainsi de suite.
/!\ Âmes sensibles s'abstenir, estomacs sensibles aussi.
Les amateurs de gore, en revanche, y trouveront certainement leur compte.
Concernant Vertige, je ne sais pas s'il est particulièrement corsé ou si j'étais plus sensible quand je l'ai lu pour une raison ou une autre, mais j'étais contente de n'avoir pas l'estomac plein... J'avais faim, mais c'est rapidement passé durant ma lecture. Le récit est à la première personne, d'autant plus efficace pour l'immersion, surtout avec un thème comme celui-ci.
"Un homme se réveille au fond d'un gouffre, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet l'un des deux hommes à la cheville, et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres.
Qui les a emmenés là ? Pourquoi ?"
Ils disposent de deux oranges, deux gobelets, deux duvets, et ainsi de suite, une lampe frontale, un réchaud et quatre petites bouteilles de gaz. Ils ont aussi un coffre, avec un cadenas à 6 chiffres, et leurs blousons sont porteurs d'inscriptions de mauvais augure : "Qui sera le menteur ?" "Qui sera le voleur ?" et "Qui sera le tueur ?"
Même si je n'ai vu aucun de ces films, l'ambiance me parait rappeler la série des "Saw" : ils essayent de s'en sortir, les inscriptions sur les blousons laissent penser qu'ils sont là pour des crimes qu'ils auraient commis, et ils ont une petite chance de s'en sortir.
On dit que Franck Thilliez est le Stephen King français, et je suis assez d'accord avec cela. Il confesse d'ailleurs lui-même avoir King pour exemple. Vertige est un huis-clos efficace, et rare. On se demande au début comment l'auteur pourra nous tenir en haleine avec aussi peu de marge de manœuvre, dans un huis-clos poussé à l’extrême,mais Thilliez relève le défi, et réussit.
Pour résumer, je suis mitigée, car c'est vraiment dur, mais je suis admirative de la performance, et malgré tout, j'ai aimé ce livre.
Quand l'organisme et l'esprit humain sont poussés à bout de leurs limites, les vraies personnalités et les secrets les mieux gardés de chacun se révèlent au grand jour... (Ou à la lumière du réchaud, ici)
Vertige, Franck Thilliez